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vendredi 29 juillet 2011

La revue de presse de la semaine

Le Pigeon Libéré a survolé pour vous l'actualité de la semaine. Du double attentat à Oslo, à la victoire historique des Français lors des championnats du monde de natation, en passant par la famine dans la Corne de l'Afrique, retrouvez en vidéo les évènements forts de la semaine.

  • Lundi 25 juillet : Le suspect du massacre d'Oslo comparaît devant la justice norvégienne


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  • Mardi 26 juillet : Les deux nageurs français Camille Lacourt et Jérémy Stravius sacrés champions du monde du 100 mètres dos



A lire aussi sur le Pigeon Libéré : Camille Lacourt et Jérémy Stravius, deux champions que tout oppose

  • Mercredi 27 juillet : L'UE débloque 28 millions d'euros pour venir en aide aux victimes de la sécheresse dans la Corne de l'Afrique


A lire aussi sur le Pigeon Libéré : L'aide humanitaire peine à arriver dans le Sud de la Somalie

  • Jeudi 28 juillet : Le corps d'Anne Caudal, disparue depuis le 8 juillet, retrouvé carbonisé près de Rennes


  • Vendredi 29 juillet : La 34ème édition du festival de Jazz in Marciac s'ouvre pour dix-huit jours de rencontres musicales entre les plus grands jazzmen 


A lire aussi sur le Pigeon Libéré :  Archie Shepp, "Les jazzmen s'appauvrissent" 
Etats-généraux pour jazz en colère

J.S. et P.H.

jeudi 28 juillet 2011

Antoine Hervé : "Le jazz a droit de cité dans notre société"

Pianiste et compositeur de jazz, Antoine Hervé a dirigé l'Orchestre national de jazz. Il écrit également pour des spectacles musicaux et des musiques de films et donne mensuellement à Paris, depuis 2007, sa "Leçon de jazz". Il réagit à l'appel "Pour des états généraux du jazz" paru mercredi dans Libération.


"Il est toujours nécessaire de se faire entendre, et cet appel est indispensable pour se faire une place dans un paysage culturel de plus en plus vaste et varié. Ce n’est pas une nouveauté, le saxophoniste de jazz Roland Kirk avait, en son temps, pris la tête d’un mouvement aux USA revendiquant une meilleure présence médiatique du jazz en télé et en radio.

Par ailleurs, il faut toujours avoir en mémoire que la musique, en tant que pratique et au niveau de sa diffusion, ne peut fonctionner économiquement sans l’intervention des aides publiques. Sur ce plan-là, nous sommes passés depuis deux siècles des monastères aux ministères.

Les hommes politiques étant ceux qui ont le pouvoir d’opérer un ré-équilibrage entre les diverses aides accordées, c’est donc naturellement vers eux que se tournent les acteurs culturels pour tirer la sonnette d’alarme lorsqu’ils sentent leur secteur menacé, ce qui est le cas pour le secteur du jazz depuis quelques années. En effet, la prise en compte du jazz dans le secteur musical français est très déficitaire aujourd’hui par rapport à son potentiel réel en terme d’éducation et de diffusion.

N’oublions pas que le public est censé également faire ses propres choix, à condition bien sûr qu’il y ait une offre variée, et là, ce n’est pas toujours le cas, la pression du business étant très forte par les temps qui courent.

Par exemple le fait qu’il n’y ait toujours aucune proposition "jazz" digne de ce nom à la télévision est une anomalie, et reflète assez bien l’ignorance des Français et de leurs élites en matière de musique en général, et de jazz en particulier. En Allemagne, on diffuse volontiers un concert de jazz à vingt heures trente, sans qu’il y ait mort d’homme.

À mon modeste niveau, afin de combattre cette méconnaissance, j’ai monté "La Leçon de Jazz" en écho à "La Leçon de Musique" de Jean-François Zygel, qui a fait un travail remarquable d’initiation dans le domaine de la musique classique. En effet, force est de constater à nouveau que si les Français connaissent à peine la musique classique, ils n’ont globalement aucune idée de ce qu’est le jazz.

La "Leçon de Jazz" est donc une série de concerts thématiques commentés, afin de partager avec le public ma passion pour cet art majeur, universel et incontournable du XXème siècle. Cette proposition suscite une très grande adhésion du public et fonctionne au-delà des  espérances. Preuve si nécessaire, qu’il existe un public qui ne demande qu’à entrer dans l’univers du jazz, à condition qu’on lui en donne quelques clés. Marcel Duchamp n’avait-il pas déclaré au début du XXème siècle "il n’y a pas d’art sans initiation" ? L’ère du jazzman "hip" qui "tourne le dos" à son public est en tout cas bel et bien enterrée.

Le jazz a droit de cité dans notre société. Il véhicule des valeurs qui transcendent celles des classes sociales et des clivages communautaires. À ce titre, il joue un rôle fédérateur. De plus, les musiciens de jazz sont très exigeants, très attachés à la qualité de leur art, mais également et surtout à la liberté de leur expression, à l’égalité des moyens accordés aux uns et aux autres et à la fraternité entre les artistes qui incarnent les divers courants de notre culture.

Eh oui, c’est inscrit sur les frontons de nos mairies depuis une certaine révolution. Si cette même révolution a probablement provoqué une rupture en France avec le monde de la musique, qui vivait et se développait alors dans les monastères, elle a néanmoins adopté ces valeurs constituant un héritage qu’il convient de faire fructifier, et sur lequel il faut rester vigilant.

Il est donc à nouveau nécessaire d’attirer l’attention des institutions culturelles de l’apport que le jazz constitue dans le domaine de la culture et de l’éducation, dans le développement de l’imagination, de la créativité et de la prise de risque, dans le respect de nos valeurs et du dialogue avec l’autre, afin d’obtenir le soutien indispensable à son épanouissement.

Il faut rappeler et affirmer tout haut que le jazz est une musique respectée, pratiquée et soutenue dans le monde entier, en tant que mode d’expression artistique universellement reconnu, et en aucun cas un art ethnique pratiqué par des sous-communautés éparses vouées à l’appauvrissement puis à la disparition en France. Cette exception culturelle-là, nous n’en voulons pas, et cet appel, au-delà d’une nécessité, est une véritable urgence."



La Leçon de jazz, Antoine Hervé, Juliobona... par juliobona

Propos recueillis par C.E.

mercredi 27 juillet 2011

Etats-généraux pour jazz en colère

Le jazz "risque fort de s'appauvrir jusqu'à disparaître si rien n'est fait en sa faveur". Chanteurs, musiciens ou encore politiques tirent la sonnette d'alarme et demandent des "États généraux du jazz". L'appel a été lancé aujourd'hui dans Libération, au moment où les festivals de jazz débutent partout en France.

Michel Portal
Le saxophoniste Michel Portal  © Flickr Nico Fontaine

"Nous demandons solennellement à Monsieur Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, d'organiser la tenue d'états généraux du jazz afin de redéfinir ensemble, avec tous les acteurs de cette filière, les politiques que nous voulons voir mises en œuvre pour assurer la survie d'un secteur musical qui fait partie intégrante de notre paysage culturel".

Les signataires de l'appel "Pour des états généraux du jazz" viennent de tous bords : des musiciens comme le saxophoniste Michel Portal, la chanteuse China Moses, fille de Dee Dee Bridgewater, ou le pianiste Laurent Coq; des producteurs comme François Zalacain, fondateur du label de jazz indépendant Sunnyside Records; et des politiques, à l'instar de Jacques Delors.

Contraintes budgétaires
Tous déplorent le fait que "les droits sociaux des artistes ont fondu, marginalisant des centaines d'artistes depuis les directives de 2008. Les producteurs - du moins ceux qui n'ont pas mis la clef sous la porte - ne parviennent plus à vendre de disques. Les salles comme les festivals sont soumis à des contraintes budgétaires toujours plus insurmontables et ont, par conséquent, de plus en plus de mal à refléter et relayer la très grande diversité du jazz français." Les signataires, dont le critique Michel Contat, chroniqueur à Télérama, ajoutent: "Il en va de même pour la presse spécialisée", notamment Jazz Magazine.

Pour eux, "Cette situation est d'autant plus inacceptable que le jazz n'a jamais été aussi riche et foisonnant". Et ils se remémorent avec nostalgie cette France "terre d'accueil privilégiée pour de nombreux hérauts de free-jazz" soulignant que "grâce à la diversité de sa société, elle a donné au jazz-fusion quelques uns de ses meilleurs instrumentistes." Le saxophoniste Archie Shepp, parrain de Jazz à Porquerolles, vénérable emblème franco-américain du free-jazz, s'étonne lui aussi de l'appauvrissement des jazzmen, tandis qu'il souligne par ailleurs les sommes folles gagnées par les rappeurs. 

Au moment où les festivals de jazz ouvrent leur portent partout en France - à Marciac vendredi, à Avignon pour Tremplin Jazz la semaine prochaine et à Porquerolles dès le 15 août - cet appel devrait en faire jazzer plus d'un. Reste à voir s'il aura de l'écho.

C.E.
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