Catégories

Affichage des articles dont le libellé est International. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est International. Afficher tous les articles

vendredi 29 juillet 2011

Les militaires français vont-ils quitter le Tchad ?

Les associations humanitaires qui interviennent au Tchad ne s'inquiètent pas de la remise en question de la présence militaire française dans le pays.

"La réflexion en cours" du Quai d'Orsay sur la présence militaire française au Tchad n'alarme pas les associations humanitaires qui interviennent dans le pays. "Le Tchad est un pays en paix, insiste Djimor M'baihornom, secrétaire de l'Association solidarité France-Tchad, dont le siège est installé à Rennes. Si aujourd'hui le gouvernement tchadien désire voir partir l'armée française, il a ses raisons."
Batoul Sandoz a grandit au Tchad et y a fait ses études. Arrivée en France il y a quatorze ans, elle a créé en 2005, avec sa petite sœur, l'association Iyal Dari qui vient en aide aux enfants tchadiens en difficulté. "L'armée française est utile pour les ressortissants français. Elle les protège en cas de troubles. Mais il n'y a aucun intérêt pour la population tchadienne". "Elle était utile avant" soutient Youssouf Saki, président des Amis du Tchad. "Mais aujourd'hui, elle n'est présente que pour veiller à la sécurité des intérêtsmains libres dans cette partie du pays. du président Idriss Deby Itno, comme de tous les dictateurs en Afrique. Ce dernier veut les éloigner de la capitale, N'Djamena, pour avoir les mains libres. "

Toutefois, l'humanitaire reconnaît que les soldats français apportent une aide précieuse aux populations en difficulté. "Pour moi, il faut tout de même maintenir une aide médicale et développer une coopération civile et non pas militaire."

Politique intérieure
En début de semaine, les gouvernements tchadien et français déclaraient que l'avenir opération militaire Epervier était remis en question. Il y a un an, le président Idriss Deby Itno, arrivé au pouvoir par la force en 1990, avait déjà remis en cause la présence des soldats français en leur réclamant un loyer. Au même moment, il s'est débarrassé de la Mission des Nations unies en République de Centrafrique.
D'après les opposants au pouvoir, il s'agirait d'une annonce de politique intérieure ayant pour but de satisfaire une partie de la population tchadienne, hostile à l'opération militaire française, y voyant une atteinte à l'indépendance du pays.

"La mission est la même"

Les militaires français sont engagés au Tchad depuis février 1986. A l'époque, l'opération Epervier est lancée lorsque les forces armées libyennes, venues soutenir Goukouni Oueddei qui avait été renversé Hissène Habré en 1981, entrent dans le pays.



View Les militaires français au Tchad in a larger map

Aujourd'hui, près de 950 soldats sont  présents dans le pays. 780 sont postés dans la base accolée à l'aéroport de N'Djamena, auxquels s'ajoutent cent-quarante militaires à Adéché ainsi qu'une vingtaine à Faya-Largeaun sans le Nord.
"La mission est la même depuis 1986", martèle le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état major des armées. Au Tchad, les militaires français sont d'abord chargés de garantir la sécurité des intérêts français "et notamment des ressortissants, qui sont près de deux mille.
Conformément aux accords signés entre les deux pays, les soldats français doivent également "apporter un soutien logistique aux forces armées de sécurité tchadiennes et procéder à des formations militaires".

C. L.G.

Les secrets de longévité des Japonaises

© Flickr/Malias
Le record est une fois de plus confirmé. L'espérance de vie des Japonaises reste la plus longue au monde. Elle serait de 86,39 ans en 2010, d’après les chiffres officiels du ministère de la Santé, du Travail et du Bien-être nippon. Les Japonaises se placent ainsi devant les Françaises (84,8 ans). Pour expliquer ce score, les scientifiques ont émis plusieurs hypothèses.

Un super patrimoine génétique ?

Une des hypothèses qui pourrait expliquer la longévité des Japonais serait un patrimoine génétique particulier, bien conservé du fait de l’insularité de ce peuple. Mais cette idée a rapidement été balayée. En effet, une étude a montré que les habitants d’Okinawa qui se sont installés à Hawaï (États-Unis) et au Brésil avaient adopté les problèmes cardiovasculaires et l’espérance de vie raccourcie de leur pays d’adoption.

Une météo favorable ?
L’île d’Okinawa possède un climat tempéré, d’une vingtaine de degrés une grande partie de l’année. Ce beau temps permettrait aux habitants de travailler dans les champs ou se promener à l’extérieur presque toute l’année. D’autre part, l’île aurait une très faible pollution, ce qui favoriserait une santé de fer. Mais ces hypothèses restent des suppositions et n’ont pas été scientifiquement prouvées. 

Une alimentation saine ?
Lorsque les scientifiques ont constaté que la longévité des Japonais n’était pas due à un patrimoine génétique particulier, ils se sont focalisés sur leur hygiène de vie. L’alimentation traditionnelle nippone y serait pour beaucoup. En effet, le thé et le soja possèdent des propriétés antioxydantes, qui freinent le vieillissement des cellules de l’organisme et l’apparition de cancers. Le poisson, moins gras que la viande, permet de conserver une bonne santé cardiovasculaire.
Sur l’île d’Okinawa, championne de la longévité, les habitants appartenant aux générations les plus anciennes pratiquent le Hara Hachi Bu. Cette tradition consiste à rester légèrement sur sa faim après chaque repas. Un comportement qui évite de manger de trop grandes quantités, d’être en surpoids et de ce fait en mauvaise santé. Mais combien de Japonais suivent encore ces règles alimentaires à l’heure de la mondialisation des fast-foods?

Une activité physique ?
L’activité physique permet de réguler l’appétit, de brûler les graisses et de procurer un bien-être psychologique. Tous ces éléments, qui manquent parfois aux sociétés modernes, favorisent une grande espérance de vie. Mais les Japonais sont-ils plus sportifs que les autres populations ? Pas vraiment. Néanmoins, les habitants de l’île d’Okinawa intègrent traditionnellement une activité physique modérée à leur quotidien : travail physique à l’extérieur, marche… Ce qui fait dire aux scientifiques que cela pourrait être à l’origine de leur vie plus longue et en meilleure santé.

Une société favorable à la longévité ?
Pour certains spécialistes, la longévité japonaise serait due aux caractéristiques de la société de ce pays. C’est ce que soutient Michael Marmot, spécialiste de l’espérance de vie, professeur de santé publique à l’University College de Londres. Selon lui, le haut niveau d’éducation des Japonais ainsi que la cohésion de leur société aboutirait à un plus faible taux de criminalité et de personnes emprisonnées.

Des chiffres truqués ?
Pour les esprits les plus incrédules, le record de longévité nippon serait un mythe. Le gouvernement livrant ces chiffres pourrait les falsifier, ou pire, des japonais pourraient cacher leurs morts. Cette dernière hypothèse a été évoquée après un scandale survenu l’an passé. La police aurait trouvé le corps de Sogen Kato, doyen du Japon, momifié chez lui depuis 30 ans. Sa famille aurait caché le corps pour continuer à recevoir une pension de retraite…

L.P.

A lire aussi :
 Cahiers québécois de démographie, Volume 33, numéro 1, printemps 2004, p. 29-49, Mortalité aux grands âges et longévité, L’évolution de la longévité à Okinawa, 1921-2000

Etats-Unis : Les détenus toujours exécutés avec des anesthésiants pour animaux

Le 21 juillet, en Géorgie et pour la première fois, l’exécution d’un détenu avec un anesthésiant pour animaux a été filmée, afin de dénoncer ses souffrances. Une pratique devenue systématique, alors que le produit létal couramment utilisé est en rupture de stock aux États-Unis depuis décembre 2010.

©Flickr Dana Gonzales
Il aura fallu deux longues minutes. 120 secondes pendant lesquelles, sous l’œil d’une caméra, il a selon des témoins cligné des yeux et avalé sa salive, avant de fermer les paupières et de ne plus bouger.

La mort d’Andrew Grant De Young, 37 ans, a été prononcée le 21 juillet à 20h04 locales (4 heures du matin en France). L’administration pénitentiaire de Géorgie avait tenté, en vain, de s’opposer à l’enregistrement pour des raisons de sécurité.
La vidéo - mise sous scellée par la justice- avait été demandée par les avocats d’un autre détenu, Gregory Walker, afin de dénoncer le recours à une nouvelle drogue dans la procédure d’injections mortelles.

Rupture de stock
L’injection létale - inscrite dans le Code Pénal de 24 états des États-Unis - est composée de trois produits : un anesthésiant pour endormir le condamné, un relaxant musculaire pour le paralyser et un autre qui provoque l’arrêt cardiaque.

En novembre 2010, Jeffrey Landrigan, un Amérindien de 50 ans, doit être exécuté en Arizona. Problème : le sodium thiopental, la première drogue, est en rupture de stock aux États-Unis. Paniquées, les autorités ont donc été cherché des doses ailleurs et se sont finalement fournies au Royaume-Uni, créant ainsi la polémique. " La firme italienne Hospira, avait fait cesser la production à destination des États-Unis, explique Didier Baudet, responsable de la commission "Peine de mort" à Amnesty International. En cause, un règlement européen interdisant d’exporter des produits qui peuvent être utilisés pour les condamnés à mort."Certaines exécutions ont alors été reportées, mais dans un pays où le débat sur la peine de mort est ultra-sensible, des états ont décidé de poursuivre les exécutions, comme dans le cas de Jeffrey Landrigan.

La production de sodium thiopental devait reprendre au premier trimestre 2011, mais cela n’a pas été le cas. Les États-Unis se sont alors tournés vers le pentobarbital, un produit officiellement utilisé par les vétérinaires pour euthanasier les animaux, mais moins puissant que le sodium thiopental.

Un flacon de Pentobarbital ©Flickr Fre
Seulement, le laboratoire suédois Lunbeck, refuse désormais que son produit soit utilisé dans les condamnations à mort. Sauf que les États américains ont déjà fait leurs stocks. Depuis le début de l’année 2011, 21 détenus ont été exécutés avec le pentobarbital, dont trois l’ont reçu en dose unique, sans les deux autres drogues.

Torture
Les avocats d’Andrew Grant de Young espèrent prouver que le recours au pentobarbital s’apparente à la torture. Le 8ème amendement de la Constitution américaine prohibe en effet les punitions "excessives, cruelles ou inhabituelles."

En 1992, après que la mort d’un condamné à la chambre à gaz ait été filmée en Californie, l’état avait aboli cette pratique au profit de l’injection létale. Alors, dans le cas de Young, peut-on aller jusqu’à espérer une remise en cause de la validation de l’injection létale par la Cour Suprême ? « Encore faut-il que les images soient probantes, c’est quitte ou double pour les avocats, tempère Didier Baudet. Et, si elles le sont, la décision ne sera valable qu’en Géorgie. »
D’autant que selon le Centre d’informations sur la peine de mort, une organisation non gouvernementale américaine, les anesthésiants ne sont pas dosés en fonction des condamnés.

Conséquences ? Douleurs atroces, convulsions et morts très lentes par asphyxie
En 2009, le cas de Romell Broom, un détenu de l’Ohio a relancé le débat. Cet afro-américain de 53 ans a survécu à 2h30 de souffrances pendants lesquelles l’équipe chargée de l’exécuter a cherché une veine où lui injecter le produit mortel. " Même sans le pentobarbital, il n’y a pas de méthode d’exécution propre, rappelle Raphaël Chenuil-Hazan, directeur de l’association française Ensemble contre la peine de mort. Cela n’existe pas. On ne tue pas proprement, on tue toujours. "
Andrew Grant de Young, condamné à mort en 1993 pour le meurtre de ses parents et de sa jeune sœur de 14 ans, est le 29ème détenu exécuté aux États-Unis depuis le début de l’année.

J.S.

jeudi 28 juillet 2011

Etats-Unis : le danger d'une dette colossale

Républicains et démocrates ne s'accordent pas sur le rehaussement de la dette américaine. Si aucune décision n'est prise d'ici le 2 août, les Etats-Unis se trouveront en défaut de paiement. Explications sur cette crise avec Jean Toulet, économiste, ancien professeur à l'Institut d'étude politique de Paris.

Wall Street
©Flick, Benjamin Dumas


Quelle est la situation économique actuelle des États-Unis ?
La situation du pays est inquiétante. Trop peu d'argent rentre dans les caisses de l'État. Sa croissance est très faible - à peine 1,7 % d'augmentation cette année - et sa dette atteint 97,5 % de son produit intérieur brut (PIB).

Comment expliquer une telle situation ?
L'administration Bush a laissé le pays dans un triste état économique : engagement dans des conflits très coûteux, banques qui ont prêté sans s'assurer de la solvabilité des emprunteurs (subprimes), chômage important... Mais d'autres facteurs doivent être pris en compte depuis l'arrivée d'Obama au pouvoir. Des plans sociaux ont engendré des dépenses importantes et on assiste à un vieillissement de la population, qui plombe l'activité économique. Pour finir, les plans de redressement économique mis en place n'ont pas obtenu les résultats attendus.

Quels sont les risques de cette dette pour le pays ?
Quand un Etat contracte une telle dette il se trouve dans l'impossibilité d'emprunter suffisamment pour payer ses fonctionnaires, faire tourner son administration, payer ses créanciers et les intérêts de sa dette. C'est un défaut de paiement. Les Etats-Unis doivent donc trouver une solution. Sans quoi, le risque est de paralyser leur économie, de créer une crise social d'ampleur. Ils risquent de voir leur note dégradée de AAA à AA+ par les agences de notations.

Quelles seraient les conséquences d'une dégradation de leur "note" sur l'économie mondiale ?
Le poids des États-Unis sur l'économie internationale est capital. On l'a vu avec la crise des subprimes et ses répercussions sur le système mondial. Une crise débutée aux États-Unis se répercutera forcément très rapidement sur les autres États. Comme l'a affirmé le Fond monétaire international, un défaut de paiement provoquerait un "choc grave".

Un choc grave, c'est-à-dire ? 
Vu la place qu’occupe le dollar dans l’économie mondiale, une baisse massive de sa valeur provoquerait des crises importantes sur le marché des matières premières et sur celui des changes. Les bourses plongeraient et avec toute l’économie mondiale. Mais ils peuvent aussi mettre en place un protectionnisme ou une hausse des prix, fermer des entreprises délocalisées et refuser d'investir dans d'autres États. Les banques américaines stockeront alors du liquide et ne prêteront plus... Il existe une multitude de scénarios possibles. 

Comment les États-Unis peuvent-ils endiguer cette crise ? 
Si le plafond de la dette n'est pas rehaussé, l'État devra alors réduire ses dépenses de 40% ou augmenter ses revenus considérablement. Pour cela il existe quatre possibilités. La première, diminuer les dépenses au maximum grâce à un plan de rigueur. La deuxième, augmenter les recettes afin d'engranger plus de revenus. La troisième consiste à jouer avec ces deux leviers. Le but est de faire assez d'économies pour pouvoir faire fonctionner le pays tout en remboursant la dette et ses intérêts. S'ils ne peuvent payer, ils devront inéluctablement se tourner vers la quatrième solution, trouver un prêteur, comme les banques, les fonds monétaires publics ou privés, ou les États. Mais ils s'endetteront  plus encore. C'est un cercle vicieux, comme dans le cas de la Grèce.


Propos recueillis par Maxime.B.

La Wikimania débarque à Haïfa

La septième "Wikimania", nom donné aux conférences qui réunissent tous les contributeurs aux projets de la Wikimedia Foundation, se tiendra du 4 au 7 août,  à Haïfa, la troisième plus grande agglomération d'Israël.


Pour accueillir cette édition, Israël a fait face à la concurrence des candidatures de Barcelone, Montréal, New York, Tokyo et Toronto. Mais les nombreuses avancées technologiques majeures nées en Israël et l’ouverture sur le monde que représente la cité portuaire l'ont favorisée.


Le Technion, Haïfa.
Haïfa ou le reflet d’une nation Hi-Tech
Un an avant que le Technion, l'institut de technologie d'Israël, ne devienne le premier institut universitaire d’Israël, il recevait la visite d'Albert Einstein qui, à son retour en Allemagne, devenait Président du Groupement des Amis du Technion, persuadé que le savoir technologique était la clé de la réussite d'Israël. Dès sa création, les fondateurs de l'établissement s’étaient fixés pour mission de former les hommes et les femmes qui allaient construire le nouvel état. Le bâtiment original du Technion est devenu un Musée des Sciences, mais Haïfa s’inscrit désormais comme l'un des piliers de la Silicon Wadi. Référence à la Silicon Valley californienne, cette aire qui s’étend autour de Tel Aviv et sur la quasi-totalité du pays est considérée comme la seconde en importance pour sa haute concentration en start-up dans les industries Hi-Tech.

Les jardins de Baha'i, Haïfa.

 Haïfa ville multiculturelle
« Je suis né à Haïfa, je crois que c’est une ville parfaite pour montrer le potentiel du Moyen-Orient. Ici les religions vivent et travaillent ensemble. » Deror Lin, avocat israélien a œuvré aux côtés de Wikimedia Israel – filiale non lucrative du groupe dirigée par Tomer Ashur – et d’autres indépendants pour que sa ville natale devienne hôte de la conférence. Des jardins du Centre mondial de la Foi Baha'i - mouvement religieux monothéiste dissident d'une branche de l'Islam né à la fin du XVIIe siècle - au monastère de Notre Dame du Mont Carmel et sa réserve naturelle, la cité portuaire la plus importante du pays déploie sa mosaïque culturelle. Sa population mixte en fait un symbole de coexistence des trois grandes fois monothéistes.

Wikipedia, avec ses 370 millions de vues mensuelles, et ses frères, comme Wikibooks, Wikiversity, Wiktionary, Wikiquote, Wikispecies, Wikinews, Wikisource... - la liste est longue, les contenus variés - rassembleront les « Wikimedians », nom donné au contributeurs des projets wiki, de 52 pays pour trois jours. Les 125 séminaires porteront sur les projets de développement autour de la connaissance collaborative. Comme chaque année, Jim Wales, le fondateur de Wikimedia, sera présent à Haïfa et y donnera son état des lieux du monde des « wikis ».

C.C.

mardi 26 juillet 2011

L'aide humanitaire peine à arriver dans le Sud de la Somalie

Alors que l'état de famine a été déclaré dans la région, les insurgés shebabs refusent toujours le retour en Somalie des organisations humanitaires, expulsées à partir de 2009.

Comment acheminer l'aide humanitaire dans le Sud de la Somalie ? C'est le problème que doivent résoudre au plus vite les organisations humanitaires internationales pour éviter que la famine qui frappe la Corne de l'Afrique ne décime les populations d'une région en guerre depuis une vingtaine d'années.
Hier, la FAO (l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) a estimé que 1,1 milliard d'euros étaient nécessaires à la région. Mais, au même moment, les insurgés islamistes shebabs - mouvement qui se revendique d'Al-Qaida - n'ont pas levé l'interdiction faite à ces organisations de venir dans les zones qu'ils contrôlent. Celles-ci se situent pourtant dans le Sud de la Somalie, où l'état de sécheresse et de famine a été déclaré.
"Le principal problème, ce n'est pas de collecter des fonds, confie un membre d'une ONG française qui a souhaité rester anonyme, mais d'acheminer l'aide humanitaire sur place. Le mouvement des shebabs n'est pas monolithique. Nos équipes doivent engager des négociations avec des interlocuteurs différents selon les zones, tout en veillant à leur propre sécurité. Cela ralentit considérablement leur travail."


Afficher Somalie du Sud sur une carte plus grande

Interrogée ce matin sur France Info, Marie Weitzell, porte-parole du Programme alimentaire mondial - interdit par les shebabs - a reconnu que l'organisation n'était pas présente dans les régions du Sud de la Somalie "pour des raisons de sécurité évidentes". Mais, "étant donné les besoins, poursuit-elle, on travaille avec le coordinateur humanitaire des Nations unies afin d'explorer les possibilités de retourner dans cette zone. Plusieurs options sont envisagées. L'une d'elles est le transport aérien. On est en train de voir comment on peut mettre en place un pont aérien pour acheminer des biscuits énergétiques vers ces populations et surtout des aliments complémentaires hautement nutritifs destinés prioritairement aux femmes et aux enfants, qui sont les plus touchés par cette famine."


C. L.G.

Affaire DSK : l'accusation joue-t-elle sa dernière carte ?

Après avoir cherché à échapper aux regards pendant plus de deux mois, Nafissatou Diallo a décidé de prendre l'opinion à témoin. Celle qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir violée semble jouer son dernier atout.

C’est la première fois qu’on la voit et qu’on entend sa voix. Dimanche, Nafissatou Diallo, qui fuit les médias depuis plus de deux mois, est passée à l'offensive. La victime présumée a livré au magazine américain Newsweek sa version de l’agression qu’elle dit avoir subie à New York. Lundi, son témoignage a également été diffusé par l’émission phare "Good Morning America" de la chaîne ABC.

Offensive

"Je veux qu'il aille en prison. Je veux qu'il sache qu'il y a des endroits où on ne peut pas utiliser son pouvoir, où on ne peut pas utiliser son argent", a confié la jeune femme guinéenne sobrement vêtue d'un chemisier blanc, d'un gilet saumon et d'un pantalon noir. Une offensive qui vise à maintenir la pression sur les services du procureur, Cyrus Vance Jr, une semaine avant l’audience du 1er août. Depuis les révélation de la dernière audience, de nombreux doutes planent sur les fondements des charges qui pèsent sur l'ancien directeur du FMI.


Ces deux interviews n'apportent, sur le fond, pas grand-chose. Nafissatou Diallo continue d'affirmer que DSK l'a agressée sexuellement dans la suite 2806 du Sofitel de New York le 14 mai. Sa version des faits n'a pas changée. Les réponses de Nafissatou Diallo sur son passé sont restées "vagues", mais son récit se fait très précis au moment d’aborder l’incident présumé du Sofitel.
Elle y raconte qu'en entrant dans la suite, elle a dit : "Bonjour, service de chambre". Un "homme nu aux cheveux blancs" est apparu. Il lui a semblé "fou". Alors qu'elle s'excusait et voulait quitter la chambre, DSK lui aurait dit : "Vous n'avez pas à être désolée".

'On me traite de prostituée'

L'ex-patron du FMI aurait alors agrippé sa poitrine et claqué la porte. La femme de ménage raconte comment il aurait ensuite attrapé son entre-jambe et l'aurait forcée à faire une fellation. Elle dit : "Nous sommes pauvres, mais nous sommes bons. Je ne pense pas à l'argent."

Sur la forme, ces entretiens font apparaître une femme visiblement atteinte par cette affaire, parfois en pleurs lorsqu'elle raconte sa version des faits.
"A cause de lui, on me traite de prostituée", a déclaré cette femme qui depuis le 14 mai s'était cachée avec sa fille de 15 ans dans un hôtel tenu secret. Selon le magazine Newsweek, "de temps en temps, Diallo pleurait en parlant" pendant l'interview et "à certains moments, les larmes paraissaient forcées". 

Dans Newsweek, elle pose pour le photographe l'air inquiet, un peu perdu. C'est que  Diallo veut donner l'image d'une femme musulmane pieuse, travailleuse, trahie par les puissants. 

S'ils ne contestent pas l'origine modeste de Nafissatou Diallo, les avocats de DSK tentent d'attirer l'attention sur des aspects qu'ils jugent bien moins reluisants de la personnalité de la victime présumée de leur client. Ils critiquent également la méthode de l'accusation. Selon eux, en s'exprimant publiquement une semaine jour pour jour avant la prochaine audience de Dominique Strauss-Kahn à Manhattan, Nafissatou Diallo cherche à "enflammer l'opinion. Mme Diallo est la première accusatrice dans l’histoire à conduire une campagne médiatique pour convaincre de maintenir les charges contre une personne dont elle veut obtenir de l’argent. […]", ont tonné William Taylor et Benjamin Brafman, les deux défenseurs américains de DSK.

Ph.H.

Centenaire du Machu Picchu : la cité cachée en danger


L’année 2011 marque le centenaire de la découverte d’une des nouvelles Merveilles du Monde : le Machu Picchu. Pas sûr, cependant, que ce soit le moment rêvé pour rejoindre la vieille cité inca. Le site, qui accueille quotidiennement 2500 touristes, a été placé "sous haute surveillance" par l’Unesco. Sans mesures de protection, cet anniversaire pourrait être le dernier.

Des milliers de touristes arrivent chaque semaine en train dans le village d’Aguas Calientes, où ils passent la nuit avant de monter au Machu Picchu. Les autres, peu nombreux, empruntent les sentiers de randonnée depuis Cuzco et marchent plusieurs jours avant l’ultime triomphe. L’accès à la vieille cité inca, découverte en 1911 par l'explorateur américain Hiram Bingham, ne se fait qu’au prix d’un long trekking à travers la Vallée Sacrée... ou d’un coûteux billet pour monter à bord de l'Orient-Express.


Un site menacé

En juin 2010, des inondations survenues dans la Vallée Sacrée après de fortes pluies avaient pris en otage des centaines de touristes qui n’ont jamais pu accéder au Machu Picchu et ont du être évacués. Les éboulements qui ont suivi cette catastrophe ont largement endommagé le site. Ce qui n'a pas manqué d'alerter l’Unesco quant à la protection d’un des derniers temples incas au monde.

Sur place, les touristes sont autorisés à arpenter librement les ruines et les terrasses du temple, ce qui provoque une érosion du sol et une fragilisation conséquente du site. Le Congrès péruvien a pourtant approuvé récemment la construction d’un réseau routier qui permettrait de faciliter l’accès au Machu Picchu pour les touristes. L'Unesco a catégoriquement refusé ce projet en juillet.


Vers une augmentation de la fréquentation

Deux semaines après le lancement des festivités du centenaire, qui durent un an, Le Pigeon libéré a voulu savoir comment le secteur touristique veillait parallèlement à la protection du site. Pour cette année, sur les conseils de l'Unesco, les autorités péruviennes ont fixé à 2500 le nombre d'entrées maximum par jour. "C'est effectivement le chiffre quotidien enregistré ces deux dernières semaines", nous a confirmé M-E Corvest, attachée touristique du Consulat Général du Pérou. Cependant, depuis début juillet, des entreprises du secteur privé ont lancé la vente en ligne d'entrées pour le Machu Picchu. Il est désormais difficile de prévoir à l'avance le nombre de touristes attendu chaque jour."

Jusqu'à maintenant, c'est la vente de billets de trains, unique accès au site, qui permet de prévoir et de réguler l'affluence touristique. C'est d'ailleurs un des autres problèmes qui menacent les touristes : ceux qui n'auraient pas acheté leur billet à l'avance pourraient se retrouver bredouille une fois arrivés au sommet.

Le pilier économique de la région

Les deux mois de fermeture du Machu Picchu en 2010 ont coûté 185 millions de dollars à l’industrie touristique péruvienne. C'est une des raisons pour laquelle le gouvernement local refuse de restreindre l’accès au site cette année pendant laquelle le nombre de visiteurs devrait doubler. L'économie de la région repose essentiellement sur l’affluence touristique générée par le "vieux pic" des Andes.

Des entreprises déploient toute une campagne de promotion touristique. Outre les billets vendus en ligne qui doperaient le nombre d'entrées au site, elles envisagent de faciliter son accès par la route, et déploient des moyens énormes pour développer les capacités d'accueil de la région. Hôtels, restaurants et boutiques ne cessent de fleurir.

M.C.

* Concernant l'état actuel du site et le danger de la pression touristique attendue pour le centenaire, nous sommes toujours en attente d'une réponse de l'Unesco.

lundi 25 juillet 2011

Attentat en Norvège : ce qui attend Anders Breivik

[Mise à jour le 26 juillet 2011. La police norvégienne envisage de poursuivre Anders Breivik pour crimes contre l'humanité. La disposition prévoit une peine maximale de 30 ans de prison. Le bilan des deux attentats a été revu à la baisse. Il est de 76 morts.]


L'auteur présumé des deux attaques, qui ont causé la mort de 93 personnes en Norvège, a comparu lundi 25 juillet. Anders Breivik a admis être l'auteur des faits. Un long parcours judiciaire l'attend.


Vendredi, une voiture piégée explose à Oslo, près du siège du gouvernement norvégien. Quelques heures plus tard, un tireur fou s'en prend aux jeunes participants d'une université d'été du parti travailliste. Les deux attaques ont causé la mort d'au moins 93 personnes. Le suspect a été interpellé en début de soirée. Anders Breivik assure avoir agit pour protester contre le multiculturalisme de son pays.

Première audience

En public et en uniforme. C’est comme cela que l'homme de 32 ans souhaitait comparaître, selon son avocat, Geir Lippestad. Mais la police et le bureau du procureur ont empêché que le suspect ne se serve du tribunal comme tribune. C’est à huit clos et en vêtements civils que s’est finalement tenue la première audience, lundi après-midi à Oslo.

Conditions de détention

Lors de cette audience, le juge Kim Heger a décidé de quatre semaines d’isolation totale. Il a aussi exceptionnellement demandé huit semaines de détention provisoire (au lieu de quatre), renouvelables. Le suspect n’a pas plaidé coupable.

Enquête de personnalité

Durant les prochaines semaines aura lieu une enquête policière. Des médecins se pencheront sur la personnalité du suspect. S’ils le jugent atteint de troubles psychologiques, ils peuvent conclure à une irresponsabilité pénale. Anders Breivik échapperait ainsi à la prison, ce que certains Norvégiens redoutent déjà.

Procès

L'enquête policière pourrait mener à une inculpation, mais l'ouverture d'un éventuel procès n'aurait pas lieu avant un an.

Peine encourue

La Norvège ne pratique plus la peine de mort depuis 1979, la dernière exécution ayant eu lieu en 1948.

Aujourd’hui, la peine maximale est fixée à 21 ans de prison, y compris pour les faits de terrorisme. Une peine qui peut toutefois être prolongée de plusieurs périodes de cinq ans si la justice estime qu’un risque de récidive existe.

Un projet de loi visant à porter à 30 ans la réclusion en cas de faits de terrorisme est en cours d’étude par le Parlement norvégien. Mais cette disposition ne devrait a priori pas s’appliquer à cet attentat.



L.P.

A lire ailleurs dans la presse

Le système judiciaire norvégien à l'épreuve du drame, LEMONDE.FR, 25.07.11