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mercredi 27 juillet 2011

Mozilla à la conquête des smartphones

Smartphone Evolution
©Flickr Phil Roeder

Mozilla se lance dans la réalisation d’un système d’exploitation pour smartphones. Le but, rendre l'accès aux sites web aussi rapide que via une application dédiée, et contrer les applications "natives" qui menacent le net, selon la fondation.


Après l'iPhone et le Windows Phone, le Mozilla phone ? Célèbre pour son navigateur Firefox, la fondation Mozilla a annoncé mardi 26 juillet qu’elle se lançait dans la réalisation d’un système d’exploitation (OS) pour smartphones.

Le projet, intitulé "Boot to Gecko" (B2G), n’est qu’au stade embryonnaire, mais la fondation a rendu publiques ses intentions afin d’attirer la contribution des experts volontaires. L’objectif de B2G est ambitieux : lutter contre la segmentation du net.


Ouverture menacée

La réussite du web est essentiellement due à son ouverture. Les codes informatiques permettant la construction des sites internet sont accessibles à tous, et cela a facilité la participation de chacun au tissage de la toile planétaire.

Aujourd'hui, cette ouverture est menacée, selon Mozilla, car seule une partie du web est aisément accessible depuis les téléphones. Alors même que les connexions internet via un mobile deviennent majoritaires, ce ne sont pas forcément les mêmes sites qui disposent d'une application smartphone compatibles avec Android (le système d’exploitation ouvert de Google), l’iPhone ou le Windows phone.

Des sites mobiles peu performants

Cela est dû à la multiplication des applications dites "natives", écrites dans un langage propre au support, et disponible uniquement via des magasins en ligne propre à chaque OS (par exemple l’App Store sur iPhone).
Elles offrent des fonctionnalités plus performantes qu’un site classique, plus difficile à lire sur un petit écran et moins pratique à parcourir sans souris.
Même les sites mobiles, bien que conçus spécialement, sont moins performants.

Les développeurs d’applications sont aujourd’hui contraints de mettre au point autant de versions d’une même application qu’il n’y a de systèmes d’exploitations.
Chaque site internet souhaitant être accessible via une application est contraint de débourser des sommes importantes s’il veut l’être depuis tous les téléphones. Bien souvent, ils sont obligés de faire un choix, ce qui limite automatiquement l'offre globale.

Une base Android, un concept ChromeOS

Pour mettre fin à cette situation, Mozilla souhaite l’émergence de sites mobiles puissants, aussi faciles à utiliser qu’une application, mais qui fonctionnerait avec tous les supports, toutes les marques de téléphones.
Pour cela, Mozilla compte s’inspirer du concept de ChromeOS, système d’exploitation dont le cœur de la structure est le navigateur internet. Comme l’OS de Google, Boot to Gecko rendrait disponible via internet un certain nombre d’applications, mais cette fois sur mobile. Pour faire tourner les éléments matériels du téléphone, Mozilla basera son nouveau système d’exploitation sur celui d’Android, dont les lignes de codes sont publiques.

J.M

mardi 26 juillet 2011

La "vida loca" péruvienne de Misericordia bientôt à Paris


La première marque péruvienne présente sur la scène internationale poursuit sa "success story". Ethique et équitable, Misericordia a déjà collaboré avec de nombreux designers du moment. Après le lancement de sa boutique en ligne en 2008 et de sa première boutique à Lima, la marque projette d'ouvrir la prochaine à Paris. 
Le Pigeon Libéré s'est rendu dans ses ateliers de Lima, au Pérou.


L'atelier est calme, les quarante employés sont à leur poste et nous saluent discrètement lorsque nous entrons. Deux coupeurs étendent des pans de tissus sur la table et mesurent les patrons à la règle, les couturiers accordent leurs machines qui entament une mélodie sourde et entêtante, un désordre organisé s'articule entre bobines de fil, chutes de tissus et rouleaux multicolores. 
Tous semblent absorbés par ce concert matinal et méthodique. Nous suivons Arnaud à l'étage, où les patronniers produisent la première étape de ce long cheminement avec "leurs mains, leur esprit et leur cœur", selon la devise de la marque. Tous les vêtement passent par cet atelier de coupe et de couture dont Arnaud, un français, a pris le pilotage depuis deux mois.

Un pari tenu

"Nous sommes seulement trois à gérer l'entreprise. Aurélyen, le fondateur et directeur artistique passe la moitié de l'année à Paris, l'autre ici à Lima. Nous étions tous étudiants en art ou en publicité, il a fallu apprendre à s'organiser très vite", confie timidement Arnaud. 
L'idée est née en 2002, quand Aurélyen et Mathieu, deux français, ont décidé de réaliser une collection de vestes inspirées des uniformes d'un collège de Zallapal, un petit village des bidonvilles de Lima. "C'est avec cette veste que tout a commencé, ensuite nous avons changé le logo de l'institut, la typo, et choisi un slogan à l'image de Misericordia, mélange de création et d'engagement social."

La marque ne semble pas déroger à cet engagement solidaire. Dans l'atelier nous ne croisons que des locaux, et tous ont le sourire. Arnaud nous explique : "La première philosophie reste d'aider le Pérou. Tous nos employés sont des péruviens issus des quartiers populaires et les tissus sont produits ici. Nous essayons également de n'utiliser que des matières écologiques. Les textiles locaux et le savoir-faire de nos employés ont largement contribué à notre réussite."
Mikaela, une employée de l'atelier, vient nous présenter les dernières créations. Elle travaille depuis cinq ans pour l'atelier et nous détaille chaque pièce avec précision : "Ce qui est différent ici, c'est que chaque employé peut se consacrer à un vêtement du début à la fin de sa production, ce n'est pas un travail répétitif comme à l'usine, nous avons le sentiment d'être de vrais créateurs. Et puis nous sommes formés, accompagnés, nous progressons et nous restons!"

De nouvelles ambitions

Toute cette petite équipe autonome et solidaire pourrait bien s'agrandir rapidement ces prochaines années. En effet, après une collaboration avec des artistes et designers comme Kris Van Assche, Bernhard Willhelm, Lutz, ou encore Matali Crasset et la naissance d'une boutique en ligne et d'un site web aux images fortes et esthétiques, Misericordia ne cesse de se développer et d'agrandir son équipe de Lima. 
Pour le moment, on ne trouve que très peu de points de vente sur Paris, seules quelques ventes privées permettent de se procurer les dernières créations. "Nous avons de plus en plus de demandes. Même si on nous retrouve un peu partout dans le monde grâce à des 'concept stores', nous n'avons pas encore nos propres boutiques, excepté à Lima. Mais la prochaine étape sera l'ouverture d'une boutique à Paris et, je l'espère, d'autres partout dans le monde", nous glisse Arnaud avant de retourner à ses piles de vêtements et ses cartons.

M.C.

lundi 25 juillet 2011

Le débat sur les algues vertes relancé

Huit autres sangliers ont été retrouvés morts à Morieux dans les Côtes-d'Armor, sur une plage fermée au public pour cause de marée verte, le 24 juillet.  Ces découvertes, font suite à deux cas similaires, au début du mois. Elles relancent l’inquiétude face à la forte toxicité des algues vertes et à leur prolifération.

Algas

Les deux marcassins retrouvés morts début juillet ont été victimes d’un « étouffement dû à une présence de vase dans les voies aériennes supérieures », selon la préfecture des Côtes-d’Armor. Cette hypothèse écartait tout lien entre la mort des animaux et le gaz dégagé par les algues vertes en putréfaction, présentes sur la plage. La découverte, dimanche, de huit autres sangliers morts sur la même plage remet en doute cette version. Ces cadavres s’ajoutent à la mort d’un ouvrier chargé du ramassage des algues, décédé en 2009 d’un infarctus, et de deux chiens ainsi que d’un cheval, morts d’une embolie pulmonaire.

Yves-Marie Le Lay, le président de l'association Sauvegarde du Tregor, explique à l'AFP que « la putréfaction des algues vertes produit de la vase hautement toxique qui se mélange au sable ». André Ollivro, le président de l'association Sauvegarde du Penthièvre, poursuit: « Quand les animaux furètent, ils respirent les gaz émanant de la décomposition des algues vertes ».

Chargée du dossier depuis février 2010, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) explique, dans un rapport rendu le 7 juillet, que le phénomène des algues vertes est dû à l’utilisation massive et régulière d’azote par les agriculteurs de la région, qui se déversent dans les cours d’eau lors du lessivage des terres agricoles. Une fois échouées, les algues entraînent des dégagements importants de gaz toxiques lors de leur putréfaction, notamment du sulfure d'hydrogène.

Menace
Ce phénomène touche la Bretagne et ses régions limitrophes depuis trente ans. Il est à l'origine de nuisances olfactives et de troubles sanitaires pour les promeneurs et les riverains. Mais les algues vertes sont perçues aujourd'hui comme une véritable menace. Pour régler le problème, les algues font l'objet de ramassages, avant d'être traitées. Ces étapes nécessitent des travailleurs qui s’exposent aux différents gaz et à de lourdes conséquences sur leur santé.

Dans son rapport l'Anses recommande d'effectuer le traitement des algues au maximum quarante-huit heures après leur échouage sur les plages, avant la formation des poches de gaz toxiques. Elle recommande un ramassage mécanique et, pour le personnel, le port d'un détecteur individuel et des masques respiratoires. Elle met aussi en garde les vacanciers peu habitués à ce phénomène et conseille d’éviter les plages où se déposent massivement les algues.

Michel Guillemot, président de l'association Haltes aux Marées vertes,  « ne veut pas attendre un accident dramatique ». Il réclame l'intervention de l'armée pour nettoyer les plages souillées. Il pointe aussi du doigt la politique du gouvernement, qui se concentre sur le ramassage des algues plutôt que sur la prévention.

Maxime Boutevin

sanglier