Pianiste et compositeur de jazz, Antoine Hervé a dirigé l'Orchestre national de jazz. Il écrit également pour des spectacles musicaux et des musiques de films et donne mensuellement à Paris, depuis 2007, sa "Leçon de jazz". Il réagit à l'appel "Pour des états généraux du jazz" paru mercredi dans Libération.
"Il est toujours nécessaire de se faire entendre, et cet appel est indispensable pour se faire une place dans un paysage culturel de plus en plus vaste et varié. Ce n’est pas une nouveauté, le saxophoniste de jazz Roland Kirk avait, en son temps, pris la tête d’un mouvement aux USA revendiquant une meilleure présence médiatique du jazz en télé et en radio.
Par ailleurs, il faut toujours avoir en mémoire que la musique, en tant que pratique et au niveau de sa diffusion, ne peut fonctionner économiquement sans l’intervention des aides publiques. Sur ce plan-là, nous sommes passés depuis deux siècles des monastères aux ministères.
Les hommes politiques étant ceux qui ont le pouvoir d’opérer un ré-équilibrage entre les diverses aides accordées, c’est donc naturellement vers eux que se tournent les acteurs culturels pour tirer la sonnette d’alarme lorsqu’ils sentent leur secteur menacé, ce qui est le cas pour le secteur du jazz depuis quelques années. En effet, la prise en compte du jazz dans le secteur musical français est très déficitaire aujourd’hui par rapport à son potentiel réel en terme d’éducation et de diffusion.
N’oublions pas que le public est censé également faire ses propres choix, à condition bien sûr qu’il y ait une offre variée, et là, ce n’est pas toujours le cas, la pression du business étant très forte par les temps qui courent.
Par exemple le fait qu’il n’y ait toujours aucune proposition "jazz" digne de ce nom à la télévision est une anomalie, et reflète assez bien l’ignorance des Français et de leurs élites en matière de musique en général, et de jazz en particulier. En Allemagne, on diffuse volontiers un concert de jazz à vingt heures trente, sans qu’il y ait mort d’homme.
À mon modeste niveau, afin de combattre cette méconnaissance, j’ai monté "La Leçon de Jazz" en écho à "La Leçon de Musique" de Jean-François Zygel, qui a fait un travail remarquable d’initiation dans le domaine de la musique classique. En effet, force est de constater à nouveau que si les Français connaissent à peine la musique classique, ils n’ont globalement aucune idée de ce qu’est le jazz.
La "Leçon de Jazz" est donc une série de concerts thématiques commentés, afin de partager avec le public ma passion pour cet art majeur, universel et incontournable du XXème siècle. Cette proposition suscite une très grande adhésion du public et fonctionne au-delà des espérances. Preuve si nécessaire, qu’il existe un public qui ne demande qu’à entrer dans l’univers du jazz, à condition qu’on lui en donne quelques clés. Marcel Duchamp n’avait-il pas déclaré au début du XXème siècle "il n’y a pas d’art sans initiation" ? L’ère du jazzman "hip" qui "tourne le dos" à son public est en tout cas bel et bien enterrée.
Le jazz a droit de cité dans notre société. Il véhicule des valeurs qui transcendent celles des classes sociales et des clivages communautaires. À ce titre, il joue un rôle fédérateur. De plus, les musiciens de jazz sont très exigeants, très attachés à la qualité de leur art, mais également et surtout à la liberté de leur expression, à l’égalité des moyens accordés aux uns et aux autres et à la fraternité entre les artistes qui incarnent les divers courants de notre culture.
Eh oui, c’est inscrit sur les frontons de nos mairies depuis une certaine révolution. Si cette même révolution a probablement provoqué une rupture en France avec le monde de la musique, qui vivait et se développait alors dans les monastères, elle a néanmoins adopté ces valeurs constituant un héritage qu’il convient de faire fructifier, et sur lequel il faut rester vigilant.
Il est donc à nouveau nécessaire d’attirer l’attention des institutions culturelles de l’apport que le jazz constitue dans le domaine de la culture et de l’éducation, dans le développement de l’imagination, de la créativité et de la prise de risque, dans le respect de nos valeurs et du dialogue avec l’autre, afin d’obtenir le soutien indispensable à son épanouissement.
Il faut rappeler et affirmer tout haut que le jazz est une musique respectée, pratiquée et soutenue dans le monde entier, en tant que mode d’expression artistique universellement reconnu, et en aucun cas un art ethnique pratiqué par des sous-communautés éparses vouées à l’appauvrissement puis à la disparition en France. Cette exception culturelle-là, nous n’en voulons pas, et cet appel, au-delà d’une nécessité, est une véritable urgence."
La Leçon de jazz, Antoine Hervé, Juliobona... par juliobona
Propos recueillis par C.E.
L'info de la semaine décryptée pour tous les jeunes Parisiens sans vacances, piégés dans l'enfer de la ville.
Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est musique. Afficher tous les articles
jeudi 28 juillet 2011
mardi 26 juillet 2011
Les Beach Boys font de la résistance
![]() |
| © Flickr / Alexandre Ferreira - amf |
Les Beach Boys en tournée mondiale ? Non, ça n'est pas un revival de 1967, mais bien le programme de l'année 2011 pour l'une des formations mythiques des sixties. Bien plus qu'un groupe de "surf music", seul adversaire réel des Beatles outre-Atlantique (l'album "sergent pepper" des fab four fut une réponse à l'album "pet sounds" qui avait scotché les Beatles), les Beach Boys ne comptent aujourd'hui plus qu'un seul de ses membres fondateurs, Mike Love. Brian Wilson, l'emblématique co-fondateur du groupe, qui a composé la quasi totalité des titres pendant la période faste de 1963 à 1966, a quitté ses frères et cousins depuis belle lurette, entre carrière solo, problèmes de drogue, et internement psychiatrique.
Pourtant, la tournée est un succès. En témoigne la venue du groupe lors du Festival de guitare de Patrimonio, en Corse le 17 juillet (voir la vidéo ci-dessous). Ce qui surprend est la composition du public, en majorité des jeunes, connaissant pour la plupart tout les tubes des Californiens. Et personne ne semble préoccupé par le fait que le groupe original soit décimé. Les deux papys restant, affublés de chemises à fleurs et de casquettes cachant leur calvitie, sont entourés par des jeunes musiciens, qui assurent l'essentiel des voix et qui semblent "gérer" le spectacle de A à Z. Mike Love aura l'humilité de présenter le guitariste du show comme le "lead singer" du spectacle, comprenez "la voix principale".
Compte en banque à sec
Comme l'explique Gaël Tynevez, auteur d'une biographie sur le groupe, au site Atlantico,"seul le groupe est mis en avant et ses chansons telles que Good Vibrations. On n’identifie pas trop les Mike Love et les Brian Wilson. Au contraire d’autres groupes : Paul McCartney ne peux pas dire, par exemple, qu’il se produit au nom des Beatles. Quand il joue à Paris, c’est Paul McCartney et non son ancien groupe qui joue. C’est parce que les gens identifient ses ex-compères : John Lennon, John Harrison et Ringo Star…". Ce qui ne l'empêche pas pour autant de reprendre beaucoup de tubes de son ancien groupe.
Entre nostalgie assumée, et désir de renflouer son compte en banque parfois à sec (on se souvient de Leonard Cohen ruiné, "contraint" de remonter sur scène pour éviter de dormir sous les ponts), ces groupes d'antan continuent à remplir les salles, même s'ils ne comptent plus qu'un seul membre. On peut citer Supertramp, Police, The Pink Floyd, ou Deep Purple. D'autres refusent, malgré les sommes faramineuses proposées, comme les anglais de Led Zeppelin.
Tant qu'il y a des tubes - et la liste est longue concernant les Beach Boys - le public répond présent, et reçoit avec délectation les "Good Vibrations" envoyées.
Extrait du concert des Beach Boys au Festival de guitare de Patrimonio, en Corse, le 17 juillet 2011.
A.L.D.
Pour aller plus loin :
- Le site officiel des Beach Boys
- Le site du Festival de guitare de Patrimonio
Amy Winehouse : les tabloïds sur la réserve
| Droits Réservés |
En attendant les résultats de l'autopsie, programmée lundi 25 juillet, les tabloïds britanniques focalisent leur attention sur les parents de la chanteuse, Janis et Mitch Winehouse, présents sur les lieux du décès de leur fille.
"Flowers for our poor Amy" (Des fleurs pour la pauvre Amy), écrit le Sun, qui revient sur l'arrivée de ses parents à Camden. Les images traduisent la tristesse des géniteurs et les suppositions vont bon train. Amy Winehouse aurait vu son médecin la veille de son décès, et elle aurait été déclarée "clean". Mais il se serait passé six heures entre la dernière fois où son équipe de sécurité l'a vue et la découverte de son corps.
Selon l'EXPRESS.co.uk, les parents se disent "dévastés et sans voix". Mitch Winehouse prend le temps de remercier les fans et les journalistes réunis devant la propriété de la rockstar. "Vous dans la rue, vous n'imaginez pas à quel point votre présence est importante, à quel point elle nous rend les choses moins dures."
Le Daily mail examine le rapprochement des parents divorcés, identification du corps oblige. Il se penche sur leur immense tristesse. Janis l'a laissée exploser tout de suite après sa sortie de la morgue de St Pancra ; Mitch en lisant les lettres d'adieu et de soutien déposées devant l'entrée de sa résidence. Le Daily mail précise également qu'aucune drogue n'a été retrouvée au domicile de la chanteuse, selon la police.Pour le Daily star, les raisons du drame ne font aucun doute. "Amy's suicidal binge" titrait-il, ou l'orgie suicidaire de la chanteuse, connue pour son usage excessif de drogues. Citant le voisinage, il affirme qu'Amy Winehouse aurait été vue en train d'acheter de la cocaïne, de l'héroïne, de l'ecstasy et de la kétamine à Camden, quelques heures avant sa mort.
Enfin, BBC news relayait les déclarations du porte-parole de la police, Raj Kohli : "Ma sympathie va non seulement à sa famille, ses amis, mais aussi évidemment aux centaines de milliers de fans à travers le monde. Il serait malvenu de spéculer sur les causes de la mort."
C.C.
Inscription à :
Articles (Atom)
